Chroniques

** Chronique de Carine Boulay

sur http://lenoiremoi.overblog.com/le-cercle-des-tueurs-d-annie-ramos

" Belfort, Franche Comté. Trois hommes sont retrouvés poignardés. Pour chacun des meurtres, l’assassin a créé une sorte de mise en scène en laissant des indices près des corps. Deux des victimes, un professeur et un élève fréquentaient le même lycée mais ne semblaient pas se connaître. Le troisième ne paraissait avoir aucun lien avec les deux autres. Alors, comment l’assassin les a-t-il choisi ? Quel est le lien reliant ces trois victimes ?C’est aux côtés de sa jeune coéquipière Paula Martinez, que le capitaine Francis Pouchard va mener l’enquête afin de démasquer « l’assassin aux énigmes » comme le nomment les média. J'ai senti alors que ce que je venais de faire, c'était bien ... Un pervers en moins, c'est toujours ça de gagné ! ... Ce que je regrette, c'est que cela n'ait pas duré plus longtemps avant qu'il crève. Quelque part dans la forêt de Roppe, à Belfort …Une cabane nichée au milieu des bois. Plus précisément, un ancien abri de chasseurs calme et isolé, où une bande d’adolescents se retrouvent pour des réunions hebdomadaires. Un endroit déserté qui leur permet de mettre en place, sous forme de jeu, un projet démentiel. A la tête de ce groupe d’adolescents, William, le meneur du jeu. Un jeune homme un peu solitaire, à la forte personnalité qui est devenu naturellement le chef de la bande. C’est de manière très méthodique qu’ils préparent des meurtres, afin de punir ceux qu’ils considèrent comme coupables et qui n’ont pas été punis par la société.

« Le cercle », comme a été baptisé le groupe est constitué de 5 joueurs, les règles ont été établies, les coupables désignés : la partie peut commencer. Entre fiction et réalité, le lien est parfois si ténu, que LE CERCLE DES TUEURS pourrait presque être inspiré d’un fait divers. Annie Ramos a fait le choix de nous livrer le nom des tueurs dès le début de son livre. Un choix qui pique ma curiosité dès les premières pages, laissant émerger quelques doutes quant à la suite du roman. L’auteure sera-t-elle à même de maintenir mon intérêt tout au long de l’histoire et vers quoi m’entraînera-t-elle ?

 Eh bien j’ai été agréablement servie. C’est une véritable chasse à l’homme qu’engagent le capitaine Pouchard et sa nouvelle coéquipière Paula Martinez. Les pages défilent à toute vitesse grâce à des chapitres courts dans lesquels les dialogues viennent favoriser la fluidité de la lecture.

 La singularité de ce premier roman d’Annie Ramos réside tout d’abord dans le choix de l’assassin ou plus exactement des assassins et de leurs méthodes. Férus de thrillers et de films d’horreur, ils s’inspirent grandement de romans ou de films emblématiques pour élaborer ce qu’ils appellent « le schéma d’exécution ». Puis la façon dont elle a choisi de traiter les motivations de ces cinq adolescents, se sentant investis d’une mission : celle de tuer des gens sous prétexte de faire justice. Une réflexion intéressante qui démontre, quel que soit notre âge, que la loi de la jungle n’a aucunement sa place dans notre société.

Pour terminer, j’évoquerai le profil psychologique de Francis Pouchard. Exit le traditionnel flic cabossé par son métier, le capitaine Pouchard a tiré les leçons d’erreurs commises par l’un de ses pairs, lui évitant ainsi de tomber dans les écueils de sa profession. C’est donc un homme heureux en ménage, qui ne fait pas de son métier sa seule raison de vivre et qui traduit son attachement à sa jeune coéquipière par une affection paternelle.

LE CERCLE DES TUEURS m’a fait passer un agréable moment de lecture en compagnie des ados « terribles » d’Annie Ramos. L’auteure surprend, et ce jusqu’à la dernière page, faisant de mes quelques craintes un très lointain souvenir, à ma plus grande satisfaction."

** Chronique de Sandrine Famechon

sur http://lenoir62.canalblog.com/archives/2013/03/10/26611619.html

Cinq adolescents, une cabane, un projet. Rien de bien méchant à la base et pourtant :"Ils l'avaient planifiée dans les moindres détails. Beaucoup d'adolescents se réunissaient pour discuter des filles, de consoles, de jeux, de sport. Mais en plus de tous ces sujets, ces cinq-là avaient abordé un autre domaine depuis plusieurs semaines. Puis ils étaient passés aux choses sérieuses en débutant la première étape de ce qu'ils avaient appelaient LE CERCLE. Ils avaient choisi leurs coupables et avaient décidé de comment les châtier sans se faire prendre." William,  désigné  leader du "cercle"  composé de lui-même et de quatre autres adolescents, tueurs en devenir,  se rencontrent à  plusieurs reprises dans une cabane au sein de la forêt afin de mettre en place avec froideur et détermination, sans émotions,   un système de meurtres avec des règles et une liste des futures victimes. Détail important, celui qui est désigné pour tuer ne doit avoir aucun  lien avec la victime afin de commettre le meurtre parfait. Ces coupables qu'ils sélectionnent sont, selon eux,  passés au travers des mailles de la justice ou ne seront jamais dénoncés par leurs proches qui subissent sous la contrainte ou la terreur,  leurs tyrannies ou leurs violences. Afin de pimenter le jeu, ils puissent dans leurs lectures et  films d'horreurs dont ils sont très fans des scénarios  afin de mettre en scène leurs crimes. Nous entrons dans le vif de l'histoire par la mise en place rapide des personnages. Ces futurs tueurs nous dévoilent d'emblée  leurs  motivations, leurs plans, leurs actes et leur buts. 

On sent que l'auteure maîtrise son histoire et nous entraîne avec détermination et volonté dans ce tourbillon de meurtres plus étrange les uns que les autres. Pour tenter de stopper et de démêler cette succession de meurtres incompréhensibles, deux flics, Francis et Paula entament une véritable chasse à l'homme qui  changera à  jamais leurs vies.

Un bon thriller avec un suspens très prenant, pas de temps mort qui vous tient en alerte et en haleine jusqu'au bout. On aurait tendance à attendre une fin somme toute banale mais le final est un véritable retournement de situation, ce qui est d'autant plus surprenant. Et c'est là que l'on comprend toute l'ingéniosité et la finesse de l'écriture de l'auteure qui a su nous entraîner là où elle le voulait et je me suis laissée guider avec plaisir. Avec ce premier thriller, Annie Ramos a atteint son but en mélangant habilement meutres, enquêtes et suspens. A la fin de la lecture de ce roman, vous ne regarderez plus vos adolescents de la même manière. En effet qui pourrait soupçonner nos chères têtes blondes d'avoir de si noirs dessins. Petit plus pour les natifs de la région : une belle description de la ville de Belford.

Pour en savoir plus sur cette auteure, je lui ai adressé quelques questions auxquelles elle a eu la gentillesse de répondre et je l'en remercie :

Pouvez-vous vous décrire en quelques mots?

Je suis une femme (chut pas d’âge) qui s’est lancée dans l’écriture pour partager avec les autres les productions de son imagination  fertile. J’ai un cadre de vie simple (mari et enfants) qui me permet de rester tout de même dans une certaine réalité. 

Depuis combien de temps écrivez-vous ?

J’écris depuis 7 ou 8 ans. Au début, j’ai eu un peu de mal à trouver mon rythme. Il y avait des périodes            d’écriture puis plusieurs semaines de repos. Je sais maintenant que cela ne me convient pas. Si je commence un livre, je dois y consacrer du temps, en écrivant tous les jours, il avance bien, et le plaisir d’écrire est intense. Si jamais je le laisse de côté pendant plusieurs jours, alors je sais que j’aurai du mal à le reprendre.

Lorsqu’une idée jaillit prenez-vous des notes ?

Oui, je possède un petit calepin réservé à cet usage. Si jamais, je ne l’ai pas sous la main, alors je note ça sur une feuille. Mais c’est vrai que si jamais une idée surgit, j’ai besoin de la mettre par écrit.

Où puisez-vous vos idées ?

Dans mes lectures, dans les films que je regarde, dans ce que j'entends, dans mes rêves puisque parfois je me réveille avec une idée de la prochaine histoire que je veux écrire.

Vos lectures inspirent-elles vos écrits ?

Oui, elles inspirent mes écrits et les nourrissent. Je lis depuis que je suis en âge de le faire, je me planquais déjà à 8 ans pour lire le soir, en cachette de mes parents. Alors tout ce que j’ai lu et tout ce que je lis encore me permettent sans doute de jouer avec les mots.

Avez-vous la trame de votre histoire en tête ou l’inspiration vient-elle au fur et à mesure ?

Avant d’écrire, j’ai la trame de l’histoire dans ma tête. Je connais le début, la fin et les grandes étapes. Mais durant l’écriture, les personnages vont évoluer et parfois m’emmener dans des directions différentes de ce que j’avais décidé. Cette trame du départ peut donc changer. Et je sais que c’est de cette manière que je peux vraiment avancer. Je ne sais pas vraiment où je vais. J’ai le plaisir de la découverte et de suivre mes personnages et ça c’est un pur bonheur.

Comment s’est construite la trame de votre livre « le cercle des tueurs »?

Je connaissais les grandes lignes, ensuite j’ai établi les portraits de mes personnages sur des fiches. Pendant un an, j’ai écrit tous les jours, parfois l’après-midi, parfois le soir, parfois les deux. J’avais l’impression de vivre en permanence avec mes personnages. Durant un repas entre amis, j’ai parfois eu le sentiment que l’un d’eux me tapait sur l’épaule pour me dire « hé oh, je vais faire ça maintenant: ». Avant de l’envoyer à l’éditeur, j’ai voulu y jeter un coup d’œil pour le corriger. Et je ne peux pas expliquer pourquoi mais la fin ne me plaisait plus du tout. Un personnage m’énervait prodigieusement et j’ai donc décidé de le faire mourir. J’ai complètement modifié les derniers passages. J’ai adoré écrire cette nouvelle fin.

Avez-vous l’angoisse de la page blanche ?

Pas encore. Au contraire, j’ai trop d’histoires dans la tête, je suis plutôt affolée à l’idée de ne pas pouvoir tout écrire.

Quand et ou écrivez-vous ? Vous faut-il une ambiance particulière ?

J’écris surtout le soir. Mais lorsque je suis dans une période durant laquelle je dois écrire très vite pour ne rien perdre de mon inspiration, de mes idées, j’écris à n’importe quel moment. De toute façon, je ne pense qu’à ça. Alors je perds du temps si je fais autre chose.

Utilisez-vous des personnages réels dans vos romans ?

Dans le cercle des tueurs, j’ai pensé précisément à une actrice lorsque j’ai imaginé Paula Martinez, mais il semble que les lecteurs l’imaginent différemment. Pour William, je crois que j’ai pensé à un de mes camarades de lycée (dans la description physique, pas le reste, on est bien d’accord !) et sinon les autres, ils ne viennent pas de personnages réels.

Quels sont vos passions, vos loisirs ?

Première passion : la lecture. J’ai des crises de boulimie durant lesquelles je dévore les livres les uns après les autres. Sinon, des balades en famille, un peu de sport.

** Chronique d'Yvan Fauth

http://gruznamur.wordpress.com/2013/06/10/annie-ramos-le-cercle-des-tueurs/

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer mon petit avis par une précision à l’attention des futurs lecteurs. L’action du roman se déroule en 2005. On le comprendra au fur et à mesure de la lecture, il est toutefois dommage de ne pas l’afficher dès le début pour la bonne compréhension de certains passages du roman.

Parlons maintenant de ce qui est réellement important, le roman en lui-même. Un premier roman aux multiples qualités et pour lequel Annie Ramos n’est pas tombée dans la facilité. De par sa construction déjà, assez audacieuse. Les tueurs sont connus dès les premiers chapitres, une construction à l’envers qui a eu le don de titiller ma curiosité quant à la future évolution d’une telle histoire. De par la conception de ses personnages ensuite. Pas de personnage principal à qui réellement se rattacher au début (cela viendra plus tard au cours du récit). Une vraie prise de risque et une vraie bonne idée à mon sens, puisque cette construction permet une présentation collégiale des sujets traités.

Bref, un roman qui a l’intelligence de ne pas tomber dans certains poncifs du genre (le flic n’est pas un grand dépressif, par exemple). C’est un premier roman, tout n’est pas parfait (les premiers chapitres par exemple, m’ont semblé d’inégale qualité par rapport à la suite du roman). Mais Annie Ramos a un vrai talent pour plonger (et nous plonger) dans la psychologie de ses personnages. Son style, son ton et ses mots s’adaptent bien à chaque personnage (adolescents, alcoolique dépressif, petite fille violentée…).

Le style d’Annie Ramos est sans fioriture, mais le ton et les dialogues sonnent juste, très juste. « Le cercle des tueurs » est un roman qui n’est pas qu’un simple polar, mais est aussi une vraie base de réflexions. Des réflexions sur les notions de vengeance, de châtiment et sur la perte de repères de certains adolescents face à la violence scénarisée qui les entoure au quotidien. Pour moi, c’est la vraie force de ce bouquin. Quant à la fin, tendue, elle est surprenante, avec une belle maitrise des ficelles qui font les bons thrillers.

A noter, les sympathiques clins d’œil aux romans et films de genre d’une certaine époque (les premiers King, Freddy, Hannibal Lecter et consorts).

Un premier roman intéressant, un réel potentiel. Une auteure à suivre dans le futur.

Originalité de l’intrigue : ♥♥♥♥

Profondeur de l’histoire : ♥♥♥♥

Qualité de l’écriture : ♥♥♥

Émotion : ♥♥♥

Note générale : ♥♥♥


 

** Chronique de Pierre Faverolle

sur http://black-novel.over-blog.com/le-cercle-des-tueurs-de-annie-ramos-citron-bleu

"Vous connaissez mon appétit pour les premiers romans. Alors en voici un qui a pour qualité un sujet bigrement intéressant allié à une aisance stylistique pour mener à bien une intrigue qui vous surprendra jusqu’à la dernière ligne. A croire d’ailleurs que l’auteur avait en tête à la fois son sujet et la fin du roman. En voici donc le sujet. Belfort de nos jours. Ils sont cinq, cinq adolescents qui ont créé le cercle des tueurs. Tout avait commencé comme une discussion autour de leur passion, les films d’horreur et les romans d’épouvante. Puis ils avaient édicté des règles jusqu’à mettre leur projet à exécution. Ils ont donc choisi cinq œuvres de suspense et cinq futures victimes, choisies parmi des gens qui n’ont aucun rapport avec eux mais qui sont passés au travers des mailles de la justice. Chaque meurtre comportera un indice rappelant un film ou un livre de suspense. Ils sont cinq, William le chef, entouré de Thomas, Nathan, Fabrice, et Sylvain. La police, en la personne du capitaine Francis Pouchard, épaulé de la jeune Paula Martinez se retrouve rapidement face à trois personnes poignardées, un professeur, un homme sans histoire et un étudiant. L’enquête va s’avérer difficile pour résoudre ces meurtres perpétrés sans aucune logique.

Annie Ramos a construit son roman de façon originale : les premiers chapitres sont consacrés au cercle des tueurs ce qui fait que l’on ne cherchera pas le nom des coupables. En fait, le livre alterne entre les tueurs et le commissaire Pouchard, même si le déroulement de l’intrigue fait la part belle à William et ses quatre comparses. Ils vont donc réaliser leur projet, puis se retrouver pour discuter de leurs exploits.

J’ai trouvé que le rythme était tendu, l’écriture très descriptive et agréable. Bref, vous l’aurez compris, c’est un livre très plaisant à lire, et ce d’autant plus qu’Annie Ramos est aussi à l’aise dans ses descriptions de la ville de Belfort que dans ses dialogues. Elle pointe aussi le danger des images violentes assénées aux jeunes influençables, que ce soient des films ou des livres. Ces cinq jeunes, pleins d’insouciance mais aussi ayant renié toute notion de bien et de mal, passent leur vie comme on joue à un jeu vidéo, sans se soucier le moins du monde des conséquences.

Pour un premier roman, c’est une réussite, même s’il m’a manqué des choses, surtout du coté de la psychologie des personnages. Je trouve que le sujet est très bien trouvé mais c’est par là qu’il pêche un peu. Car comme la motivation du groupe d’adolescents est floue, et en particulier on n’y trouve aucune rébellion, on en vient à généraliser sur tous les adolescents. En fait, il m’a peut-être manqué un personnage auquel j’aurais pu me raccrocher, soit pour éprouver de l’empathie, soit pour le détester.

Alors même si j’ai adoré la fin, si j’ai lu avec avidité la totalité du roman, j’ai ressenti un malaise face à ce manque de psychologie qui aurait pu faire de ce roman un formidable coup d’essai. Reste que ce roman est vraiment prenant, que c’est un premier roman qui laisse augurer d’un avenir brillant pour son auteure. D’ailleurs, elle a plein de projets que vous pouvez découvrir sur son site : http://annie-ramos.e-monsite.com/"

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×