Suis-moi !

 

Thomas aperçut la façade grise et hésita. Faire demi-tour. Retourner à l’école. Les grilles devaient déjà être fermées. Même s’il sonnait, personne ne viendrait lui ouvrir. Aller chez son copain Jérémy? Lui serait sans doute content de le voir, mais sa mère, pas sûr qu’elle l’accueille à bras ouverts sans lui poser de questions.

- Ta mère est au courant?

- T’as tes affaires?

- T’es là pour combien de temps?

Il ne se sentait pas capable de subir un interrogatoire et elle ne mettrait pas longtemps à deviner, à attraper le téléphone et à composer le numéro de son domicile. À tous les coups, il aurait droit en prime à un gros savon. La honte totale devant Jérémy.  Alors il n’avait pas le choix. Il poussa la porte. C’était chez lui et il fallait bien se résoudre à rentrer. À sept ans, on ne pouvait pas dormir dehors, surtout en plein mois de décembre. Il entendit du bruit dans la cuisine et longea le couloir qui y menait en présageant déjà de la suite.

- Bonjour mon chéri!

- B’jour maman.

- Tu as passé une bonne journée?

- Oui.

Ses réponses étaient courtes, quasi laconiques pour qu’elle passe à autre chose et qu’il puisse enfin se réfugier dans sa chambre. Mais il avait beau espérer, ça tombait à chaque fois.

- Tu as des devoirs pour la rentrée ?

-   Oui une leçon à relire et aussi une dictée.

-   Bon, tu goûtes. Et après tu te prépares, IL va venir te chercher.

Voilà c’était parti. Pas longtemps à attendre. L’enfant tourna la tête vers la fenêtre. Il y avait un grand arbre juste à côté de la maison. Un oiseau s’était posé sur une des branches. Noir et blanc. Peut-être une pie. Oui, ce devait être une pie avec son long bec.

- Tu m’écoutes ?

- Oui maman.

Résigné, il leva les yeux vers elle et attendit la suite.

- N’oublie pas de prendre tes affaires pour tes devoirs, connaissant ton père, ce n’est pas lui qui va se charger de te rappeler de les faire et tu reviendras dimanche soir, à point d’heure, complètement crevé et gavé de cochonneries. Je ne sais pas comment il se débrouille, mais à chaque fois c’est pareil, tu reviens excité et c’est à moi de te calmer.

C’était reparti pour un tour. Pour sa mère, son père était un bon à rien. Thomas n’essayait même pas de le défendre, c’était encore pire s’il s’en mêlait. Il avait appris à ne rien dire, se taire et encaisser. Pot de Nutella qu’on ouvre.  Il a toujours été irresponsable. Cuillère qui plonge à l’intérieur.  Il faut toujours que quelqu’un s’occupe de monsieur. Chocolat qu’on étale sur le pain. C’était moi qui lui préparais sa valise lorsqu’il partait en déplacement, comme si j’étais sa bonniche ou sa mère, à choisir. Tartine terminée qui se dirige vers la bouche, l’enfant tente d’avaler la première bouchée, mais son estomac a rétréci et refuse catégoriquement d’ingurgiter la nourriture.  J’espère que tu ne vas pas devenir comme lui. Il déglutit avec force, allez... il faut que ça passe, mais rien n'y fait ; pour le moment, ça reste au niveau de la gorge et ne descend pas. Ne pas pleurer. Ne pas pleurer... mais il a beau se répéter ça, les larmes montent. Impitoyables. Intraitables. Coulent le long de ses joues. Quand il se met à renifler, elle s’aperçoit enfin de son état.

- Oh mon chéri, je sais que c’est dur, mais c’est juste pour le week-end. Après tu verras, tu rentres à la maison et je m’occuperai de toi. On sera bien tous les deux.

Il ne parle pas, ne peut pas avec cet amas de pain et de chocolat à moitié avalé, qui pèse comme un énorme poids. Ça ne descendra pas. Il déglutit une dernière fois, mais ça ne sert à rien. Il la pousse et se précipite aux toilettes pour recracher.

***

-  Dring !

Il est là.  

Le cœur lourd, il attrape sa valise et sort de sa chambre. L’espoir malgré lui. Cette fois, ce sera différent. Ses parents ne vont pas se disputer, ne vont pas crier, s’insulter. Ils vont juste se dire bonjour et il partira avec son père. Une fois installé dans la voiture, il tournera la tête et regardera sa mère lui adresser un dernier signe de la main tout en lui envoyant un baiser. En route pour un week-end merveilleux en compagnie de son père. Au programme, parties de foot dans le parc, jeux sur la console.

- Thomas, descend, ton père est enfin arrivé !

Son espoir s’envole. Il sait, au ton utilisé par sa mère, à son insistance sur le mot « enfin » qu’elle est remontée contre son père avant même de le voir. C’est de sa faute, il a chialé comme une fille tout à l’heure et elle va lui mettre ça sur le dos. Et ça va en rajouter encore à la crise. Il lui a fourni un élément de plus contre son père. Et elle est sur le point d’exploser, il le sait, il le sent.

Alors il attrape son sac d’une main tremblante. Le cœur gros, il descend une marche.  La porte s’ouvre. D’où il est, il a une vue imprenable sur l’entrée. Le dos de sa mère. Ses longs cheveux blonds attachés en queue de cheval. Un pull bleu, un pantalon noir. Une marche. Son père est sur le perron. Un sweat noir, un pantalon gris. Pas de sourire en apercevant son ex- femme. Au contraire, il affiche une mine sombre. Une marche.

- T’es en retard !

Une attaque d’emblée. Pas de «bonjour», pas de « bienvenue, comment ça va ? ». Sa mère est une personne souriante qui aime parler aux gens. Elle est capable de demander à la boulangère comment se porte le petit dernier, si la grippe de l’aînée est passée. Curieuse, elle s’intéresse à plein de choses. Mais face à son ex-mari, elle se transforme en femme froide et sèche. Thomas a d’abord été surpris par cette transformation, mais maintenant il est tout simplement habitué.  Coup d’œil sur sa montre et la réplique fuse :

- De deux minutes seulement, tu ne vas pas en faire tout un plat ! Et ce n’est pas à toi de me faire la leçon, car de ce côté, tu n’es pas un modèle de ponctualité.

Voilà, c’est terminé ! C’est bouclé !  Thomas le sait. Son père ne se laissera pas faire et au lieu de calmer les choses, il attaque à son tour. Lui aussi devient un autre.  Encore une marche, mais cette fois, c’est carrément difficile. Les deux adultes l’ignorent et se font face, se défient un peu comme des animaux. C’est le territoire de sa mère et un intrus a osé y pénétrer. Alors elle veille, elle s’apprête à bondir et à attaquer à toute tentative d’approche. Ses griffes aiguisées n’attendent qu’un signe pour le déchiqueter et le réduire en petits morceaux. Elle s’élance :

- C’est toujours la même chose, il t’attend et toi tu t’amènes en retard. C’est toujours la même chose. Je devrais être habitué depuis le temps. On ne peut jamais compter sur toi.

- J’avais un chantier à boucler absolument avant de venir. J’ai fait du mieux que je pouvais.

- C’est toujours le même refrain, ton boulot est plus important que tout, comme si tu étais le seul à avoir des responsabilités. Et t’en arrives même à oublier ton fils!

- Arrête tes conneries, tu vas trop loin cette fois-ci !

- Moi, je vais trop loin ! Je te dis juste la vérité. C’est peut-être dur à entendre, mais il faut bien que quelqu’un ose te le dire.

- T’es vraiment une garce !

Il est là, juste dans l’entrée. Un petit garçon. À côté des adultes. Minuscule et fragile. Ils ne le voient même pas. Ils sont concentrés sur leur colère. Alors il attend. Il n’a plus que ça à faire.

***

-  Va dans le salon. Je dois régler des choses avec ton père avant que vous partiez. Mets la télé en attendant.

Il a attendu, les mots ont volé, agressé, insulté. Et lui n’a rien dit. Il a subi.

Il laisse sa valise dans l’entrée.  Il appuie sur la télécommande et sélectionne la chaîne des dessins animés. Ses parents sont dans la cuisine. Les murs ne sont pas épais. Il monte le son. Encore un peu plus. Mais il continue de les entendre. Ils pensent sans doute que la discussion n’a pas besoin de ses oreilles, mais il en connaît déjà l’essentiel.  Le chagrin l’oppresse. Les images défilent devant ses yeux. Un chat court après une souris. Il voudrait que ça s’arrête. C’est trop dur pour lui. Il n’en peut plus. Et il a peur, alors qu'il ne devrait pas. Mais leurs cris le font frissonner. Une angoisse monte en lui, emprisonne son esprit.  La souris est cachée sous une assiette blanche, le chat la soulève d’un geste rapide, elle a disparu et se retrouve au-dessus de lui, sur une étagère en bois. Bing... une boule de billard, droit sur la tête de l’animal. Assommé. Une énorme bosse apparaît au-dessus du crâne. Avant, ça l’amusait. Avant, ça le faisait rire aux éclats. Mais plus maintenant.

Sa mère hurle. La voix grave de son père répond.

À côté du poste se dresse un sapin décoré de guirlandes violettes et noires, de quelques étoiles dorées et de deux anges argentés. Dans six jours, c’est Noël. À son pied, une crèche. Les figurines sont blanches, délicates. Le bébé est entouré par les siens, sa mère porte sur lui un tendre regard et il devine l’amour qu’elle lui voue. Une scène touchante. Pas de colère, pas de rancœur.

Lui aussi a connu ces moments en famille. Le matin de Noël, le réveil avec le cœur empli de curiosité. Les pas rapides dans l’escalier pour déballer les cadeaux. Les cris de joie. Le chocolat chaud qui permet de faire une pause entre deux parties de jeux. Maman qui mitraille la scène pour l’immortaliser. Allez, encore une petite dernière.

- Allez, souris Thomas, celle-là je l’enverrai à grand- mère !

- Oh, Jacques tu fais une drôle de tête. Regarde !

Et son père qui se penche et examine le résultat. Bien obligé de recommencer car c’est vrai qu’elle n’est pas des plus flatteuses. On dirait qu’il a dix ans de plus. Vite vite, on efface et on recommence. On prend la pose, on dit « ouistiti » et c’est dans la boîte.

Dans la cuisine, les sons ont encore monté de volume.  Partir d’ici, ne plus les entendre, ne plus les voir. Quelques morceaux arrivent jusqu’à lui. Une console PS3... Mais il en a déjà des tonnes... Tu lui en achètes une nouvelle tous les ans.  Tu sais où tu peux te les mettre tes réflexions, tu ne sais même pas de quoi a envie ton fils ? Un ordi portable, mais il n’a que 7 ans, ce n’est pas un PDG. Réfléchis un peu. Pourquoi pas une voiture pendant que tu y es !

Il se lève. Dernier regard en direction du poste. Le chat se prend la planche à repasser sur le museau. Une nouvelle bosse. La souris se moque.

La porte d’entrée claque. Mais les adultes ne l’entendent pas. La télévision fonctionne toujours, mais plus personne n’est devant. Le canapé est vide.

***

Il avance sur le trottoir. Sans but précis, sans savoir où il va. Il n’a rien pris. Juste son chagrin qui alourdit sa démarche. Le soleil ne le réchauffe pas. Un soleil pourtant inhabituel pour la saison. Aux informations, on parle de températures particulièrement douces.  Heureusement pour lui, car il n’a pas pensé à se couvrir chaudement. Il a attrapé sa veste, mais a laissé son bonnet et son écharpe dans le placard de l’entrée.

En face, monsieur Richard vient juste de sortir sa poubelle. Les éboueurs passent demain. Il referme sa porte et n’aperçoit pas le jeune garçon. Autrement, il se serait approché, car il l’aime bien, le gamin des voisins. Il est gentil Thomas et drôlement poli. Il répond toujours quand on lui dit bonjour. Plus près, il aurait vu que le gamin n’allait pas bien. Il se serait inquiété et l’aurait sans doute raccompagné, interrompant du même coup la dispute. Mais il a suffi de quelques secondes et la porte se referme sur l’homme ; Thomas ne le remarque même pas. Il a les yeux baissés, fixés sur ses baskets bleues. Quasi neuves, elles rendent ses copains verts de jalousie. Faut dire qu’elles sont belles avec leur bande jaune sur le dessus.

Une silhouette arrive dans la direction opposée. Elle a vu l’enfant. D’ailleurs, elle est là pour lui. Ça fait des jours qu’elle pense à ça. Elle a pris sa résolution. Elle a vu les larmes briller au coin des paupières, le chagrin qui le ronge lentement.

Il entend du bruit, des pas lourds sur l’asphalte et il lève des yeux humides.

- Viens avec moi, je t’emmène faire un tour.

Il glisse sa petite main dans les doigts de l’adulte et suit.

Dans la cuisine, les parents continuent de se chamailler. Ils pensent que leur enfant est dans le salon en train de regarder la télévision. Trop occupés à se critiquer, à s’insulter. Le dessin animé est terminé et maintenant c’est le tour d’un coyote qui poursuit sans succès sa proie.

L’enfant marche. L’adulte le tient fermement et ne le lâchera pas. Les passants les croisent avec un regard surpris, mais ne s’arrêtent pas pour demander la raison de cette tristesse. D’ailleurs, il se calme peu à peu, ses larmes sèchent. Plus aucune trace.  Parti de la maison. Éloigné des disputes. Il se sent déjà beaucoup mieux.

Et il lui fait confiance. Ses doigts se serrent autour du poignet osseux.

 Ils arrivent devant une porte. L’adulte l’ouvre et lui dit de rentrer. Un dernier regard sur la rue. Il pénètre à l’intérieur et disparaît à la vue des passants. Sa dernière pensée est pour sa chambre. Il l’aime bien avec sa déco de Batman, ses Playmobil qui s’empilent sur les étagères. En ce moment, il construit le château fort. Deux camps s’affrontent. Il rêve qu’à l’intérieur, le roi va lui attribuer l’épée magique, celle qui lui permettra de vaincre les plus féroces créatures, le pire des dragons. Fine et longue, elle sera faite dans un métal très dur. La reine le remerciera et tous les autres chevaliers l’admireront.

***

Une salle plongée dans le noir. Mais Thomas n’a pas peur. Il n’est pas tout seul. Autour de lui, les gens murmurent, excités. Vivement que ça commence.  Ils ont payé et en veulent pour leur argent. Et on leur a promis que ce serait bien. À sa droite se trouve un couple qui se croit seul au monde. Dans les bras l’un de l’autre, ils attendent aussi. La jeune fille lui rappelle sa cousine Emilie. Les mêmes cheveux noirs et longs. Une silhouette grande et fine. Après un coup d’œil à son copain, il espère qu’Émilie ne ramènera jamais ce genre-là aux réunions de famille. Son oncle en deviendrait fou. Un jean troué, des piercings et des tatouages. Une crête rouge qui termine le style. C’est certain, on en parlerait pendant des jours.

La musique presque assourdissante surgit des murs. Thomas sursaute. L’excitation monte encore d’un cran.Une main se pose sur son bras :

- Ça va bientôt commencer! murmure-t-elle dans un souffle.

Presque une caresse. L’enfant se calme aussitôt. Il sait ce qu’on attend de lui. Il ne doit pas déranger les autres et doit bien se tenir. Il a oublié que quelques instants plus tôt, il entendait d’autres bruits, des cris, des insultes.

Quelques enfants que les adultes accompagnent. Comme lui, ils attendent que ça commence.  Une lumière. Les regards se lèvent, dirigés dans la même direction.

***

Thomas a éprouvé une succession d’émotions. La peur, celle qui vous cloue sur votre siège. L’excitation, qui accélère les pulsations de votre cœur. La tristesse. Un bras qui se pose sur votre main pour vous réconforter.

Au moins pendant ce temps, il a tout oublié. Ses parents. Leurs disputes de plus en plus violentes. Ils en viennent même à oublier sa présence. Au début, ils faisaient attention, ils voulaient le ménager.

« Thomas, ne reste pas ici, va dans ta chambre » Pas la peine d’entendre. Mais les bruits montaient et pénétraient dans sa chambre, le mitraillant. Un oreiller sur la tête ne suffisait pas. Il entendait toujours.

Toutefois, au fil des semaines, des mois, la colère a pris le pas sur les précautions.

Un petit garçon après tout, on peut oublier qu’il est là. Tout petit, on le laisse dans un coin. Pendant que les adultes règlent leurs comptes, lui, il

compte les points. Un pour maman.

- Tu me dois deux mois de pension alimentaire.

Papa qui contre.

- J’ai demandé au juge qu’il examine à nouveau le montant. Tu as laissé tomber ton boulot exprès, pour que je te verse plus.

maman qui réplique

- Un licenciement économique, ce n’est pas une partie de plaisir.

Des mots que Thomas ne comprenait pas toujours. Mais il se concentrait sur les expressions, sur les traits du visage. Les rides au coin des yeux de maman qui se creusaient, les mâchoires crispées de son père. Les cris. Les accusations. Les insultes. La colère qui grondait.

Tout cela envolé.

En sortant, Thomas en était encore loin. Mais difficile d’y échapper très longtemps. De retour, les images. Ce sentiment de solitude. C’est tellement commun des parents qui divorcent. Dans sa classe, vingt enfants sur vingt-six avaient des parents séparés. Familles recomposées, une ou deux demi-sœurs, parfois un demi- frère. Des vacances, des week-ends chez l’un. On emporte ses affaires, on les récupère pour retourner chez l’autre.

La porte s’ouvre. Ses parents le regardent les yeux écarquillés.

- Thomas, mais qu’est-ce que tu fais là ?

- J’étais au cinéma avec mamie.

Sa grand-mère est là, à ses côtés. Sa présence le rend plus fort. Alors il hausse le ton.

- On est allé voir Star Wars.

- Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire? Explose son père. Tu n’étais pas dans le salon. Tu es sorti de la maison sans nous prévenir ?

Finalement, le ton qui gronde a raison du petit garçon qui sent que les larmes ne sont pas loin. Il comprend qu’il va se faire disputer. Mais au même moment, il entend :

- Pas la peine de vous en prendre à lui. C’est de ma faute, c’est moi qui ai décidé de l’emmener au cinéma. J’avais envie de passer du temps avec mon petit fils. De lui changer les idées.

- Tu aurais pu nous le dire, maman !

- J’aurais pu, et c’est ce que je m’apprêtais à faire, mais quand je suis arrivée devant la maison et que j’ai vu Thomas tout seul et tout triste, je l’ai emmené. Maintenant, je voudrais bien entrer si vous le permettez et je voudrais vous parler.

Le ton est ferme. Thomas perçoit que sa grand-mère est déterminée. Ses parents aussi manifestement puisqu’ils reculent et les laissent entrer.

- Thomas, tu veux bien aller dans ta chambre s’il te plaît. Je dois discuter avec tes parents.

L’enfant se sent encore mis à l’écart. Sa grand-mère aussi le chasse. Furieux et triste, il croise alors son regard et y perçoit de la douceur. Elle se penche vers lui et lui murmure :

- Ne t’inquiète pas Thomas, les choses vont s’arranger. Je t’aime mon petit bonhomme.

Ces mots lui réchauffent le cœur et le rassurent. Il monte les marches pour rejoindre sa chambre.  Il se sent mieux d’un coup. Sa grand-mère ne le laissera pas tomber. Il a compris qu’elle allait prendre les choses en main. Il la connaît assez pour savoir qu’elle va se faire entendre de ses parents. Et après tout, elle lui a donné le plus beau des cadeaux de Noël, en avance : elle a passé du temps avec lui. Pendant le film, il a senti sa présence réconfortante. Dès qu’il bougeait, elle lui souriait. Sa main était ferme et douce à la fois.

Demain sera un autre jour.

 

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Commentaires (1)

1. lucie 08/01/2016

j'aime bien, c'est simple et en même temps flippant
on se dit que Thomas va tomber sur un psychopathe, on a peur pour lui et en même temps on est triste
la fin est bien
cette nouvelle fonctionne

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